La Dame aux mains d’Or

C’est Elle qui a sauvé la jeune fille ! Elle a posé sa main gauche sur son épaule et la jeune fille s’est relevée.

Ensuite Elle – La Guérisseuse – s’est couchée durant trois jours pour transcender le mal de la jeune fille en Force de Vie. Le troisième jour, à l’heure du soleil couchant, Elle s’est levée, a rangé et lavé sa maisonnée. Le lendemain, Elle n’était plus là, elle était partie et on ne l’a jamais revu.


Certains pêcheurs et villageois disent l’avoir apperçu au Port ce jour là. Elle portait une robe bleue et une étole blanche. Ils disent l’avoir vu entrer à la petite chapelle de la placette et y allumer un cierge blanc. Ensuite, d’après leurs dires, Elle se serait assise à la terrasse d’un café un instant. Puis, Elle se leva et pris le premier bateau vers la grande ville du continent. Après cela, on ne sait pas ce qu’Elle est devenue.


Certains disent qu’Elle nous a été envoyé par le Christ pour soigner nos âmes et laver nos cœurs meurtris par nos péchés. Elle passait ses journées seule, enfermée chez elle, dans l’appartement qu’elle louait à un des villageois qui avait bien voulu l’accueillir. C’était rare car ici de façon générale nous n’aimons pas les Étrangers qui s’installent à l’année dans notre bourg. Etant plus riches que nous, nous avons peurs qu’ils nous volent tous nos biens et pillent les trésors de nos Terres.


Elle, on ne la voyait pas, elle était très discrète et solitaire, voir Sauvage comme disent certains. Nous ne savons pas si elle ne voulait pas déranger ou si c’était sa nature d’être comme ça. On l’apercevait de temps à autre avec son panier en osier, rentrant de l’épicerie, où elle y faisait ses provisions. Son panier débordait toujours de fruits, d’herbes, d’aromates et cierges parfumés.


On l’a suivait à la trace par l’odeur que dégageait son panier, parfois on ne l’a voyait pas mais on sentait cette odeur, qui lui était propre, se poser à l’intérieur de nos maisons, alors que nos fenêtres étaient ouvertes. Nous savions que c’était Elle qui passait et rentrait de l’épicerie. Parfois nous osions s’approcher de la fenêtre pour l’a voir mais elle avait déjà disparue. Cette fille marchait très lentement et pourtant elle disparaissait aussi vite que le vent, c’était assez paradoxal et étrange comme phénomène.


C’était une femme douce, souriante, plutôt réservée et mystérieuse. Elle ne parlait pas la même langue que nous autres. Elle semblait connaitre le monde entier et une grande lumière se dégageait de son visage. Elle était particulière et singulière, indescriptible. Personne ici ne lui ressemblait, de corps et d’âme. Je n’avais encore jamais rencontré de Femme comme Elle, de tout ma Vie, aucune !


Elle semblait porter toutes les misères de ce monde en elle, qu’elle accueillait par sa Grâce, naturelle et innée, pour en faire un Tissage de Beauté, resplendissant de la Force de son Amour. Elle était « pur rayonnement » je ne sais d’où ni de qui Elle tenait cette splendeur immaculée et cette lumière unique. Il me semble qu’elle se baladait de Terre en Terre, de villages en villages, pour soigner le Vivant et recoudre les cœurs.


J’aurais aimé avoir eu le Courage d’aller la voir et de lui parler, lui proposer un thé, pour connaitre son Univers et ses Secrets… mais je ne l’ai pas trouvé. Je n’ai ni trouvé le Courage de le faire, ni trouvé la jeune femme pour l’inviter. Le jour où je me suis décidé à le faire, les villageois m’ont dit qu’elle venait de partir. Parfois le temps ne nous sert pas ou alors peut être que nous ne sommes pas assez éveillés et confiants pour réagir à temps !


Je sais qu’elle préférait sans doute voyager « incognito » pour accomplir sa tâche, l’Oeuvre qu’on lui avait confié, et garder ses Secrets pour Elle. Une fois la tâche terminée, elle préférait partir, disparaître, sans un mot. Comme quand on la sentait passer avec son panier en osier sous notre fenêtre et disparaître au coin de la rue, dans le silence, sans qu’on entende ses pieds marcher sur le sol ou le bruit de ses sandales, elle semblait voler sur l’asphalte…


En vérité, sa présence suffisait. Elle n’avait pas besoin de nous parler, un sourire ou une simple salutation, ne serait ce que de la voir passer devant nos yeux, suffisait pour nous emplir de sa douceur, de sa beauté, de son amour immuable et infini qu’elle rayonnait simplement.


Je me souviens un jour avoir entendu ces mots sortir de sa bouche : « Quand on ne veut pas de moi, que l’on me rejette mais que l’on a besoin de moi, je reste et j’agis. Quand on veut de moi, que l’on m’accepte dans ma différence mais que l’on a plus besoin de moi, je m’en vais car cela veut dire que l’Oeuvre est accomplie ».


Je l’avais entendu par mégardes alors qu’Elle parlait seule sur sa Terrasse de Lumière. Elle chuchotait souvent sur sa Terrasse, un calepin posé devant elle et un stylo à la main. Son appartement était rempli de breloques, de bouquins et d’instruments de musique, mais elle passait ses jours sur cette Terrasse, remplie de rien, dans le silence du Soleil et laissait ses breloques sans vie animer l’intérieur de son appartement où elle y passait seulement ses soirées.


On n’entendait jamais ce qu’elle chuchotait à longueur de journée sur sa Terrasse mais ce jour là elle parla un peu plus fort et je l’avais entendu de mon oreille sourde. J’avais enfin entendu sa voix ! Un vrai délice pour mes oreilles et mon cœur, cette Femme m’inspirait tant… et je n’osais lui dire quoi que ce soit, je me sentais ridicule et impuissant face à cette grandeur de candeur. Pourtant Elle était toute petite de taille et tellement humble, je ne sais pourquoi je me sentais figé en la voyant.


J’avais médité sur ces paroles toute la nuit et les sept jours qui ont suivi. Je trouvais cette réflexion, ou plutôt cette affirmation, très étonnante et remplie de Sagesse. Je n’avais jamais entendu de toute ma vie de tels propos. Elle était tellement fascinante cette Damoiselle, Mystérieuse et Lumineuse, que son Charisme m’absorbait littéralement. J’étais subjugué par la beauté et la grandeur de ce qu’elle dégageait si simplement.


On aurait eu tant à Apprendre d’Elle, si elle était resté et si on l’avait invité à nous rejoindre peut être ? On aurait tant à Apprendre d’Elle si un jour elle daigne bien revenir parmi nous, sur nos pauvres Terres… Peut être qu’un jour le Bon Dieu nous entendra et nous l’a rendra. Peut être qu’un jour le Bon Dieu lui confiera une Nouvelle Mission sur nos Terres et par le plus grand des Hasards, nous la recroiserons avec joie dans nos ruelles endormies !


Nous en avons tellement besoin, nous avons tellement besoin des Bénédictions de notre cher Père Céleste. Elle est une Bénédiction. Mais malheureusement, je m’en suis aperçu trop tard… Il était trop tard pour la retenir, elle était déjà parti depuis plusieurs jours et n’avais rien laissé, même pas un mot ou de quoi la joindre, la retrouver. Parfois nous vivons endormis et quand nous nous réveillons, le Miracle est déjà passé, nous avons ratés l’Heure Divine. Il ne nous reste que nos regrets pour parler et nos mains pour Prier le Seigneur afin qu’il ai pitié de nous et nous donne une autre Chance, selon sa volonté…


Je sais que le Seigneur m’entend alors j’ose dire que Le jour où Elle reviendra, ce jour là, le cœur en émoi, j’oserai lui proposer un thé au Jasmin et l’inviterai, le ton hésitant, sur ma Terrasse ombragée, ornée de fleurs épanouissantes, de lys, d’Iris, d’Amaryllis et d’Hortensias. Je l’inviterai pour qu’Elle me raconte l’Histoire de nos Frères et Sœurs qui habitent en face, de l’autre côté de notre Terre.

Je lui Offrirai un plateau de nos plus délicieux gâteaux à la Cannelle et une corbeille de fruits mûrs de Saison, juteux et doux, provenant de nos Terres de Feu, car je sais qu’elle les adorent et ne peut y résister. Je sais que son cœur est en joie quand elle est entourée de fleurs et qu’elle mange des fruits !


J’espère ne pas rougir et rester assez Fort pour lui parler, assez Courageux pour lui poser des questions qui ont du sens à ses yeux, sans passer pour un pauvre imbécile. Je n’ose pas penser à l’inviter au restaurant ou encore lui proposer de rester au jardin pour Dîner, mais déjà ce serait un premier pas que d’oser lui Offrir ce petit temps précieux, à l’ombre des arbres majestueux de mon pays, entre fruits juteux, thés parfumés et gâteaux à la Cannelle fait maison (et avec Amour) par Tati Marthy.


Il y aura sans doutes des Temps de Silence et je sais qu’Elle saura les combler par sa magnifique présence, son sourire aux couleurs de fleurs et son tendre regard Méditerranéen. Le vent fera délicatement bouger ses longs cheveux bruns le long de son doux visage et ses boucles se mêleront aux feuilles du vieux platane sous la tonnelle…


Ce sera un instant de Grâce qui saura rester dans mon esprit pour continuer de nourrir mon cœur appauvri lors de ses absences infinies… Elle restera ainsi avec moi et quand mes jours seront gris, je pourrai me repasser cette image en boucle pour redonner saveur à mon âme esseulée. Elle, assise devant moi, sa tasse de thé à la main, me regardant dans les yeux, cheveux au vent, sous la tonnelle du jardin…


Quel instant Divin ! Mon cœur en tremble déjà, les poissons virevoltent dans les eaux salées, ils chantent déjà ses Louanges et dansent son Éternel retour… Rien que de penser à cette scène de Vie me donne la Joie de continuer. Et le jour où Elle sera là, de retour, je serais prêt pour l’Accueillir de nouveau et lui Offrir tout ce qui est endormi dans mon cœur. Je sais que tous ces trésors intérieurs sont pour Elle et attendent patiemment qu’Elle soit de nouveau près de Nous, pour lui Donner.


Je prendrai soin de son appartement et des quelques breloques qu’elle y a laissé et en attendant son retour, je continuerai de planter des fleurs et des arbres fruitiers en son Nom.

C’est Elle qui a sauvé la jeune fille ! Elle a posé sa main gauche sur son épaule et la jeune fille s’est relevée.


A Toi, La Lumineuse

5 Comments

  1. Coucou Anne  Merci pour cette belle lecture 🙏❤️ Cela me fait penser à Nanny MC Phee, un film, elle avait aussi cette phrase à un mot près :  « Quand on ne veut pas de moi, que l’on me rejette mais que l’on a besoin de moi, je reste et j’agis. Quand on veut de moi, que l’on m’accepte dans ma différence mais que l’on a plus besoin de moi, je m’en vais car cela veut dire que l’Oeuvre est accomplie ». C’est un peu ce que l’on fait, nous aidons où il y a besoin mais nous aimons nous poser quand même 😊 Je te souhaite que tes temps de pose t’apportent douceur et joie. Gros bisous Sabine 

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton message Sabine ! Oui cette phrase dans ce film m’a complètement inspirée et habitée, elle reste en mantra dans mon esprit ! je l’ai reprise et adaptée avec mes mots pour le contexte qui s’y prête très bien… Le Meilleur pour toi également 😉

      J'aime

  2. Merci très beau poème inspirant et initiatique. Il est temps d’agir, pendant qu’il est encore temps…
    Namasté💗💐🌞🙋

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s